Sauna et tension : ça baisse ou ça monte vraiment ?
Le sauna fait-il monter ou baisser la tension ? On démêle ce qui est mesuré de ce qui est raconté, et on rappelle qui doit s'abstenir selon le service public d'information en santé.
Vous sentez votre cœur s'emballer rien qu'à l'idée d'un sauna, et vous vous demandez si la chaleur fait monter ou baisser la tension artérielle. On démêle ici ce qui est mesuré de ce qui est simplement raconté.
Ce que la littérature mesure
La revue systématique de Hussain et Cohen, publiée en 2018 dans Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine, a rassemblé 40 études cliniques et 3 855 participants sur le sauna sec. Parmi les études incluses, plusieurs rapportent une diminution de la pression artérielle systolique et/ou diastolique après exposition à la chaleur (Hussain & Cohen, 2018).
Il faut immédiatement ajouter les limites que les auteurs posent eux-mêmes : sur les 40 études, 13 seulement sont des essais randomisés, la plupart portent sur moins de 40 personnes, et la méthodologie est souvent mal décrite. Ils concluent qu'il faut « davantage de données de meilleure qualité ».
C'est pour cette raison que vous ne trouverez pas ici de chiffre du type « la systolique passe de 137 à 130 mmHg ». Ce genre de valeur circule beaucoup, sans source primaire consultable derrière. Nous préférons ne rien avancer plutôt qu'avancer un nombre invérifiable.
La donnée robuste porte sur la mortalité, pas sur la tension
L'étude la plus solide disponible sur le sauna est celle de Laukkanen et de ses collègues, parue dans JAMA Internal Medicine en 2015. Elle a suivi 2 315 hommes finlandais âgés de 42 à 60 ans pendant une durée médiane de 20,7 ans (Laukkanen et al., JAMA Internal Medicine, 2015).
Comparés aux hommes qui faisaient une séance par semaine, ceux qui en faisaient 4 à 7 par semaine avaient un risque de mort subite d'origine cardiaque de 0,37 (intervalle de confiance à 95 % : 0,18 à 0,75), soit environ 63 % de moins, et une mortalité toutes causes confondues de 0,60 (0,46 à 0,80). À 2 à 3 séances par semaine, la mortalité toutes causes était de 0,76 (0,66 à 0,88), mais le résultat sur la mort subite cardiaque n'était pas statistiquement significatif : 0,78, avec un intervalle de 0,57 à 1,07.
Les auteurs rappellent qu'il s'agit d'une étude d'observation et que « le potentiel de facteurs de confusion résiduels demeure, comme dans toute étude observationnelle ». Ce n'est donc pas une preuve que le sauna protège le cœur : c'est une association forte, observée chez des hommes finlandais d'âge moyen, sur vingt ans.
Pour un projet local, on peut aussi consulter les professionnels référencés à Toulouse.
Hypertension, hypotension : qui doit s'abstenir
Santé.fr, le service public d'information en santé, écrit que « la pratique du sauna n'est pas recommandée à tout le monde » et qu'« en particulier, elle est contre-indiquée aux personnes qui souffrent d'angine de poitrine non stabilisée par un traitement ; d'insuffisance cardiaque décompensée ; de suites récentes d'un infarctus du myocarde ; d'un rétrécissement de l'aorte ; d'hypotension artérielle ; de troubles du rythme cardiaque ; d'antécédents d'AVC ou d'AIT ; de fièvre ; de problèmes de peau ; de troubles de la production de sueur » (Santé.fr).
L'hypotension artérielle est donc listée comme une contre-indication en tant que telle. Pour l'hypertension, cette liste ne tranche pas : c'est une question à poser à votre médecin, surtout si vous suivez un traitement. En cas de pathologie cardiaque, de grossesse, d'hypertension ou de traitement en cours, demandez son avis avant toute séance.
Les précautions, telles qu'elles sont formulées
Pour les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires stables, Santé.fr recommande de « limiter les séances à 5-10 minutes à des températures modérées (60-80 °C) » et « d'éviter les immersions soudaines dans l'eau froide ». La même source ajoute que « boissons alcoolisées et sauna ne font pas bon ménage » et qu'« il est crucial de boire suffisamment avant et après (au moins un demi-litre d'eau après la séance) ».
- Pas d'alcool avant une séance.
- Au moins un demi-litre d'eau après.
- Séances courtes et températures modérées si vous avez une maladie cardiovasculaire stable.
- Pas de plongeon brutal dans l'eau froide en sortant.
- Levez-vous lentement : la sensation de vertige au moment de se relever est fréquente.
Pour élargir la recherche, l'annuaire couvre l'ensemble de la région Île-de-France.
La réponse honnête
Pendant la séance, la chaleur dilate les vaisseaux et le cœur travaille davantage. Après, plusieurs études rapportent une baisse de la pression artérielle, mais sur un corpus que ses propres auteurs jugent insuffisant. Il n'existe pas de protocole validé de « sauna anti-hypertension », et il ne remplace en aucun cas un traitement.
Si votre tension est un sujet, la bonne démarche est simple : parlez-en à votre médecin avant de commencer, et respectez les précautions ci-dessus.